L'INSTALLATION DES MARCHANDS
 
Le rituel du placement passé, l'installation était aussi un grand moment. Le montage de l'étalage pouvait prendre plus ou moins de temps selon les produits vendus et le gout de chacun.
La danse des paniers en osier commençait alors dans un vacarme assourdissant. Aux roulettes de métal s'ajoutaient les sabots aux semelles de bois qui martellaient le sol de béton en cadence et il était difficile de percevoir, des roulettes ou des sabots, lesquels étaient les plus bruyant !

Ils faisaient partie de l'héritage au même titre que le racolage ou le marchandage. Qu'importe quand cela avait commencé, ils imprégnaient le lieu.
Les paniers étaient en fait de grands cubes à roulettes d'environ 1m40 de haut pour une longueur d'1m50 et profondeur de 0m90. Leur faculté principale était de s'adapter à tous les produits.

 
panier Pour des raisons évidentes les chaussures et chemise s'y logeaient facilement. Les vêtements étaient posés à plat ou en penderie grâce à l'ajout d'une barre d'acier. Dessous un train de roue central sur un axe fixe permettait le déplacement d'avant en arrière. A chaque extrémité, des roues moins hautes permettaient la rotation de l'ensemble par basculement démontrant une solidité à toutes épreuves.
 
 
Durant les heures d'ouverture, ces paniers étaient rangés sous des auvents à l'extérieur du batiment. Un héritage qui commençait à se perdre à cause du nombre déclinant de paniers. Le renouvellement moins important des commerçants et l'installation de stockage plus "moderne" en était la raison principale.
 

panneau panier
 

A la fin du marché, une salle à l'écart servait de remise pour ces paniers, mais dans les années 60, il y avait tellement de marchands que les paniers étaient stockés dans des garages des rues avoisinantes. C'est tout le quartier qui s'éveillait dans ce tapage entremêlé de chariots et de sabots.
 
Sabots du carreau du temple Quant à ces chaussures outre les semelles de bois, elles étaient recouvertes de ficelles tressées et fourrées de fourrure de mouton qui bordait l'ouverture. D'une dureté parfaitement inconfortable, ces sabots isolaient efficacement du froid, et c'est ce qu'on leurs demandait principalement.
 


A ce chaos assourdissant s'ajoutait le maniement des tubes métallique qui composaient l'étalage. Ils s'emboitaient, comme pour un échafaudage, afin de former une table, de 0m80 de haut environ, que l'on rallongeait à la demande. Une clayette en lattes de bois agrafées la recouvrait en se déroulant comme un set de table. Une bâche ou nappe finissait le tout pour éviter aux vêtements de se déchirer en s'accrochant dans les agrafes.


Si le temps d'installation était limité, certains malins s'arrangeaient pour trainer afin "d'occuper le terrain". Le chariot dans l'allée, d'une part bloquait le passage du client permettant de l'arrêter plus facilement, d'autre part l'obligeait à changer d'allée ce qui évitait qu'il aille voir le concurrent.
Ceci était sujet à conflit comme tant d'autres choses ! Chaque jour, tous les prétextes étaient bons pour entamer de belles engueulades où les mots fleuris fusaient de temps à autre et provoquaient l'hilarité générale. Jusqu'au jour où c'était votre tour et là çà vous faisait beaucoup moins rire !

9h00 était l'heure d'ouverture au public mais il y avait toujours des clients pour arriver avant, sans doute pour éviter l'affluence. Il y avait comme une compétition pour être celui qui ferait la première vente. Le but était de sapper le moral des concurrents pour ainsi faire plus de vente par la suite.




CHAPITRE SUIVANT : LA VENTE AU CARREAU 
 
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