LE CARREAU DU TEMPLE D'APRES-GUERRE


A partir des années 60, le carreau du temple s'impose comme un lieu incontournable. Il est à la fois l'endroit "branché" où l'on vient chercher la fringue à la mode, mais aussi le passage obligé où l'on vient "faire une affaire" en marchandant. Cette méthode d'achat permet aussi à de nombreuses personnes de s'habiller pour "pas cher" ! Ces singularités permettent au carreau de connaître une notoriété grandissante qui se répand jusqu'en province.


marché d`après guerre


metro Ce sont des wagons remplis de gens de tous horizons qui se déversent dans les stations du métro temple ou république. Tout le monde veut alors profiter de cette déferlante et de nombreux commerces ouvrent sur le trajet menant de ces stations au lieu mythique. Rue du temple, les magasins de prêt-à-porter se multiplient et sont autant de tentation pour les clients en maraude. Le parcours du combattant ne fait pourtant que commencer ! En empruntant la rue Dupetit Thouars, l'attraction qu'exerce le marché rend le public inarrêtable. Pour les commerçants tous les artifices sont bons pour les stopper jusqu'à les tirer par la manche. Ce racolage commercial abrupt, voire musclé, est efficace et devient un métier à part entière : il porte le nom de "portier". Pigalle en utilisera pour ses cabarets, Montmartre pour ses restaurants...
 
 

Quand enfin le client atteint son eldorado et se croit sauvé, il comprend bien vite que tout continue ! Le quidam se retrouve chahuté dans les allées étroites, le mari happé par ici, la femme par là...


C'est tout un quartier qui vit au rythme du carreau du temple. Des fabricants investissent les lieux dans les étages et dans les cours des rues avoisinantes. Et le quartier n'a de cesse de s'agrandir, de s'étirer, de la place des Vosges à l'Hôtel de Ville en passant par St Paul... Bijoutiers, maroquiniers, confectionneurs, tailleurs, des rues entières se peuplent de fabricants, grossistes, créateurs... Jusque de l'autre côté de la place de la république où les peaussiers ont installé leurs boutiques de gros rue Beaurepaire ou Yves Toudic. La rue Meslay, où sont les chausseurs, et la rue Notre-Dame de Nazareth sont peu à peu des traits d'union avec le Sentier. La proximité des fournisseurs renforce la force du carreau grâce à la réactivité de fabrication. Des quatre coins de la France on vient faire une affaire au carreau du temple qui devient un test grandeur nature pour les nouveaux modèles créé par ces fabricants voisins.

Raccolage au carreau
Le racolage commercial au carreau du temple est ancestral. Cette technique, devenue tradition puis folklore se répand dans différents lieux de la capitale.
 


Sur le marché, racolage, marchandage, exiguïté de l'étalage, promiscuité rendent l'exercice commercial d'une rare difficulté. Le carreau du temple devient vite une école de vente et du commerce en général, reconnu dans la profession. Nombreux sont les marchands, qui après quelques années d'activité, migrent vers d'autres quartiers de la capitale voir de province pour s'installer.
Un slogan reste alors : quand vous sortez du carreau,
vous pouvez vendre n'importe quoi à n'importe qui !



 

Chapitre suivant : Le carreau des années 70  
 
< < < < < Précédent                                                  Suivant > > > > >
 






 
 
Créé avec Créer un site
Créer un site